Extrait de madame de bovary de flaubert

COMMENTAIRE COMPOSE

Extrait de Madame Bovary de Flaubert

Admirateur de Balzac , obsédé par le désir de « fouiller le vrai », Flaubert s’impose comme le chef de fil des écrivains réalistes. Ainsi, ses nombreuses descriptions témoignent à la fois de ce soucis de multiplier les tableaux de la réalité et la puissance d’enchantement de cette écriture.

Le roman de Flaubert, Madame Bovary, esten apparence l’histoire simple d’une femme qui tente vainement d’échapper à sa condition. Fille d’un fermier normand, Emma est victime de ses lectures romantiques qui la font rêver à une vie intense, héroïque et romanesque.

Petit à petit, malgré l’épisode du bal qui lui permet d’accéder à ses rêves se resserre autour de la jeune femme une vie étriquée, avec son cortège de médiocrités. C’estcette accumulation de frustrations confrontées au rêve d’une vie romanesque qu’on appelle le bovarysme.

Ici, nous sommes au chapitre 15 de la deuxième partie, le couple se rend à l’opéra de Rouen.

Problématique : en quoi cette scène témoigne t-elle d’une confrontation du personnage d’ Emma à la réalité et au rêve que lui permet l’opéra ?

En quoi l’opéra exerce t-il un pouvoir de fascinationsur le personnage d’ Emma ?

I – Une description réaliste (un début d’opéra)

1) description organisée

– on peut observer dans le premier paragraphe la présence de connecteurs qui montrent une certaine progression dans la description. cf « cependant « 1 ; « puis « 12 ; et ce fut d’abord « 13 ; mais « 14 ; « puis « 19

– On commence par les lumières puis la musique puis ledécor, le paysage puis les acteurs. On va du général au particulier. Effet de rétrécissement, effet de zoom sur le dernier personnage. Sorte de retardement de ce qui se passe/scène ‘théâtralisation’

2) des détails précis

– voir qu’en fait le premier paragraphe est construit de seulement trois longues phrases et uneplus courte. Une qui décrit ce qui se passe avant le lever du rideau et une après. La plupart des phrases sont juxtaposées ce qui donne en effet d’accumulation. Le choix du passé simple dans ce premier paragraphe montre que l’on veut insister sur un enchainement rapide d’actions.

– Description précise , voir 7 « c’était le carrefour d’un bois, avec une fontaine ,à gauche, ombragée par un chêne. » Des détails sont aussi présents lorsqu’il parle des acteurs cf 18 « le plaid sur l’épaule »

– Présence du champ lexical de la lumière.

Voir « les bougies de l’orchestre s’allumèrent » ; « le lustre descendit du plafond » ; « versant avec le rayonnement de ses facettes ». = Thème de la lumière est mis en lien avec le sentiment de joie. Cf 12 « une gaietésubite dans la salle »

– Début par la musique qui presque présentée comme des acteurs à part entière.
Voir emplois des verbes d’actions = personnifications.
Voir 13 « un long charivari de basses ronflants, de violons grinçants, de pistons trompetant, de flute set de flageolets qui piaulaient »
L 5 « … coups sur la scène, un roulement de timbalescommença, – -instruments de musique plaquèrent des accords.

II La fascination d’ Emma

Après, un premier paragraphe grandiloquent, le deuxième paragraphe va insister sur la fascination qu’éprouve Emma pendant l’Opéra.

1) Identification de la scène d’opéra avec les œuvres de WALTER SCOTT

– On peut d’ailleurs observer un retour à l’imparfait de l’indicatif comme pour exprimer l’idéed’habitude.
– Cf 11 « elle se retrouvait dans les lectures de sa jeunesse, en plein WALTER SCOTT »
– L 11 et 12 « il lui semblait entendre le son des cornemuses … les bruyères »
– L 13 à 15 « d’ailleurs, le souvenir du roman … elle suivait l’intrique de phrase en phrase. »

2) Identification d’ Emma avec l’ héroïne de l’ opéra et la situation …

– voir réaction d’Emma lorsque Lucie arrive…